Fatima Maher, bouillon de générosité

Fatima Maher

Arrivés en Belgique, il y a presque 60 ans, Fatima Maher et sa famille s’installent rue Verte, derrière la fameuse Tour « Martini » (place Rogier). Chaleureusement accueillis par Luigi, le voisin coiffeur italien, le logement n’est pas très  grand. Les douches se prennent aux Bains de Saint-Josse et les enfants sortent jouer dehors dans le quartier Nord  dès qu’ils peuvent.

A la maison, l’humeur est plutôt joyeuse. Le papa, Sidi Allal, métallurgiste de profession, a surtout une passion pour la musique. Faisant partie du 1er groupe andalou du quartier, le joueur de luth, banjo et guitare donne des concerts avec son groupe lors de mariages ou de fêtes. La maman, Aïcha, travaille à la clinique Saint-Etienne (rue du Méridien). Elle y donnera d’ailleurs naissance à ses 2 plus jeunes enfants.

Après des primaires dans l’école communale tennoodoise, aujourd’hui appelée « Tournesols », Fatima entame ses secondaires à Saint-Vincent de Paul. Réorientée en cours de scolarité, elle suit 2 ans la filaire professionnelle en couture. Etonné, un des nouveaux professeurs l’encourage à retourner dans le général. La direction de Saint-Vincent de Paul reconnait une malheureuse erreur de jugement en apportant un soutien moral et financier à Fatima afin  qu’elle puisse passer le jury central et obtenir son diplôme secondaire général. Une première victoire contre la discrimination scolaire pour la débrouillarde Fatima et surtout la naissance d’un militantisme anti-racisme.

En 1977, ses parents achètent un logement à Schaerbeek, à deux pas de leur ancienne adresse. Politiquement dans les années 80, la Commune de Schaerbeek est très différente de la voisine socialiste de Guy Cudell. La démagogie à tonalité xénophobe du Bourgmestre Roger Nols, n’empêchera pas l’éclosion du Comité de quartier « Schaerbeek Plage » auquel pris part Fatima et d’autres habitants pour réclamer la revitalisation du quartier laissé à l’abandon, demande de création d’un espace vert, de rues plus propres, d’un éclairage plus sécurisant, ... L’asbl
« Bouillon de cultureS » s’intéresse aux revendications du Comité et met rapidement à sa disposition des locaux pour leurs réunions.

De cette mobilisation d’intégration sociale, d’aide scolaire, de lutte contre les discriminations et de l’éducation à la citoyenneté, naitra une Maison de quartier, le parc du Rasquinet, mais aussi des évènements marquants comme les « Super voisins » aux Halles de Schaerbeek.

Garde d’enfants, …Fatima enchaîne les petits boulots tout en s’investissant bénévolement dans l’organisation d’évènements socio-culturels. Fatima fédère et motive les familles à sortir de Bruxelles, à partir à la découverte de la Belgique. Les « camps familles » sont mis sur pied. Malgré quelques premières réticences de propriétaires wallons, la cohabitation en camping fait du bien à tous, cette communauté multiculturelle découvre le dépaysement au coeur de son pays d’accueil et renvoie une image positive et bienveillante auprès des locaux. Ouf, les premiers préjugés sont
vite balayés ! Mère de 3 enfants, Fatima embarque les siens avec joie dans tous ces moments de solidarité et d’évasion.

En 2000, l’association Bouillon de cultureS déménage et s’installe à la rue Philomène 41. Fatima y développe le  projet « Sésam », soit un service traiteur d’économie sociale spécialisé en cuisine du monde. Afin de professionnaliser le service, c’est sur les bancs de l’école que l’on retrouve Fatima, tout juste 50 ans. Durant 3 ans,
entourée de 4 amies, qu’elle ne manqua pas de motiver à faire de même, Fatima se forme à la cuisine gastronomique française à l’Institut Roger Lambion du CERIA et décroche une grande distinction.
Elle aurait pu être engagée chez un chef étoilé bruxellois mais sa cuisine est sociale. Les commandes de banquets pour le privé ou les institutions publiques sont autant d’occasions de mettre des jeunes, des réfugiés ou toute personne en difficulté sur les rails. Souvent, ils sont émus de ces opportunités offertes et se donnent à 120 % pour ne pas décevoir celle qui leur fait confiance.
« Khalti Fatima » (« tante » en arabe) sait merveilleusement bien valoriser la mixité et la diversité, enrichissant les menus de plats familiers à chacun, distillant conseils culinaires en français pour les
faire progresser.

Son mari, Larbi, ancien coiffeur, reconverti d’abord dans la mise sur pied d’une Maison de jeunes, viendra ensuite prêter main forte à son épouse en cuisine durant plusieurs années.

Désireuse de respecter l’environnement et de soutenir les échanges Nord-Sud, Fatima fait entrer progressivement le service traiteur dans une démarche durable, responsable et équitable.
Retraitée depuis quelques mois, la militante dans l’âme ne s’arrête pas en si bon chemin !
Fatima, qui a fondé « Héritage de Femmes » depuis 2010, déplace des montagnes pour réaliser des projets d’entre-aide : aides alimentaires et hygiéniques, construction de puits à Ouarzazate (Maroc), fabrication de biscuits, de repas conviviaux pour les voisins ou pour récolter des dons, envoi de jeunes bruxellois volontaires pour réaffecter des sanitaires dans l’Atlas, bar à soupes à la Maison de la famille, soutien aux Petits Barons de Tanger, …

Régulièrement consultée par les anciens commis, Fatima étudie avec bienveillance la future carte foodtruck de l’un ou va déguster des plats chez d’autres. Devenue au fil des ans une personne ressource pour la Commune
de Saint-Josse à travers l'accompagnement de projets sociaux communaux : Prévention (repas conviviaux pour la Maraude, aides alimentaires...), Events (catering), Relations internationales et Coopération (dons, échanges interculturels, …) et Cohésion sociale (participation à « Saint-Josse, place pour tous », bar à soupes, …), la cuisine de Fatima et son foyer de solidarités ont pu être appréciés par nombreux d’entre vous. Depuis février 2021, la voilà désignée « Citoyenne d’honneur » par les autorités communales qui souhaitent souligner son engagement citoyen et son rôle d’ambassadrice de la cohésion sociale depuis tant d’années.

Saint-Josse Sint-Joost

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